L'effet du temps sur le calcul des résultats comptable

II tombe sous le sens que pour être significative, l'observation doit rester sans effet sur les phénomènes observés: c'est un impératif catégorique des sciences dites expérimentales. Il en est de même pour l'observation de l'entreprise, même quand elle prend la forme d'un calcul périodique de résultat. Que l'observateur tienne compte ensuite des enseignements de l'observation pour modifier le cours des événements, c'est l'objet même de cette observation; mais il s'agit alors d'autre chose.

Même périodique, l'observation de l'entreprise n'interrompt donc pas la continuité des événements qui s'y déroulent: le «découpage » dans le temps, inévitable, pose en conséquence de nombreux problèmes dus à l'opposition entre:

  • La continuité de la vie de l'entreprise,
  • La discontinuité des calculs.

On ne saurait trop insister sur cette constatation, qui commande toute l'observation économique, même en dehors de l'entreprise.

La première difficulté qui en résulte est la nécessité où l'on se trouve de saisir le moment de l'enrichissement ou de l'appauvrissement. Ce serait beaucoup plus facile si l'on pouvait se référer au paiement, car il devient nécessaire de définir un autre critère, et il importe qu'il ne soit pas équivoque: on retient ceux de consommation pour l'appauvrissement, de droits acquis pour l'enrichissement.

La substitution de cette référence à celle des mouvements de fonds conduit à :

  • Distinguer entre gestion et trésorerie.
  • Substituer aux notions de recette et dépenses celles de droits acquis et de consommation.

Il n'est pas contestable que cette substitution pose elle même certains problèmes, et notamment la nécessité de distinguer, parmi les opérations qui entraîneront des paiements, celles qui représentent des investissements: entre autres éléments sur lesquels on s'appuie pour définir cette notion, la dimension du délai qui sépare paiement et consommation est l'un des plus importants. La suite de l'étude permettra de préciser certains points, et notamment celui du stockage qui, pour voisin qu'il soit à certains égards de l'investissement, doit en être distingué. Disons, pour ce qui concerne notre calcul de résultat, que c'est la sortie de stock qui engendre l'appauvrissement pour les éléments stockables, et que nous verrons plus loin dans quelle mesure et selon quels procédés nous ferons, s'il y a lieu, intervenir l'investissement dans ce calcul; pour l'instant nous considérons qu'il correspond à une modification de structure non génératrice de résultat.

Les mouvements à faire intervenir étant ainsi définis, il reste à organiser leur enregistrement.