La succession des modifications survenues au bilan de départ met en évidence un certain nombre de caractéristiques très importantes des différentes combinaisons.
Les trois premières ont un caractère commun : aucune d'entre elles ne modifie le total du bilan parce que, pour les trois, la compensation entre action et réaction intervient à l'intérieur d'un groupe d'éléments; Actif, Dettes ou Situation nette. Elles n'affectent que la structure interne de chaque groupe et non son importance. Ce qui ne signifie pas que
l'on doive pour autant considérer de telles combinaisons comme dépourvues d'intérêt. Il n'est pas indifférent que l'on ait transformé du numéraire disponible en une machine ou en marchandises, par exemple: aussi longtemps que ces achats n'étaient pas réalisés, on était libre d'utiliser les fonds à n'importe quel usage; mais une fois que les achats sont faits, il faut se servir de la machine ou de la marchandise; le degré de liberté est diminué de façon évidente : on dit que les moyens d'activité sont devenus plus «rigides », ou encore que l'on dispose de moins de souplesse dans le choix des actions possibles. On perçoit de même que la situation à l'égard des créanciers est très différente selon que l'échéance est prochaine ou éloignée: on peut utiliser les fonds empruntés de façon différente selon que l'on en dispose pour un temps assez long ou qu'il faut les rembourser sous huitaine. C'est encore la même chose pour la structure de la situation nette, du fait des caractères juridiques différents des «réserves», et du « capital social»; les réserves étant des bénéfices que l'assemblée générale des actionnaires a décidé de maintenir à la disposition de l'entreprise, la même assemblée peut ultérieurement revenir sur cette décision, dans la limite de la loi bien entendu; mais elle ne dispose pas du même degré de liberté pour le capital social, qui est d'abord une garantie pour les tiers : là encore, la structure de la situation nette n'est donc pas indifférente.
Les combinaisons 4 et 5, qui n'ont pas les mêmes effets, ont entre elles un caractère commun:
La modification affecte cette fois dans les deux cas autre chose que la structure: c'est le montant de l'Actif et celui des Dettes qui est en cause; l'importance des moyens augmente ou diminue en liaison avec les Dettes.
L'entreprise accroît donc ses possibilités d'action grâce au crédit en 4 (le total du bilan passe de 290 à 310) ; elle ampute au contraire ses moyens en 5 pour payer ses dettes (le bilan revient à 285) ; elle est donc plus ou moins puissante après ces opérations, mais elle n'a réalisé aucun bénéfice ni aucune perte ; sa situation nette (sa « richesse ») n'est pas modifiée.
Les quatre autres combinaisons mettent en jeu, au contraire, l'importance de la situation nette ; mais la «richesse » se modifie dans des conditions différentes :
Alors que dans les combinaisons 4 et 5 l'Actif se modifiait avec les Dettes, c'est cette fois en liaison avec la richesse qu'il varie: la situation nette et la caisse augmentent ensemble de 25 dans l'exemple 6 (le bilan passe de 285 à 310), elles diminuent ensemble de 30 dans l'exemple 7 (le bilan revient à 280).
Il n'y a par contre plus de variation de l'actif dans les deux autres combinaisons : le total des ressources reste constant, et c'est la limite entre Dettes et Situation nette qui se déplace dans ce total inchangé: moins de Dettes et plus de Situation nette en 8, l'inverse en 9. Dans les deux cas, le total du bilan reste bien à 280, et c'est la structure des ressources qui est modifiée. On se désintéressera encore bien moins de cette modification que de celles des cases 2 ou 3, qui concernaient soit les Dettes, soit la Situation nette : ici c'est la part des fonds propres sur le total des ressources financières qui est en cause, et il n'est pas utile de souligner que c'est essentiel : on ne travaille pas avec des fonds empruntés dans les mêmes conditions qu'avec les siens.