Les variations s'annulent arithmétiquement à 10 puisque le total du bilan se trouve être diminué de 10. Mais il est clair que si l'on voulait expliquer ces variations à partir de la simple comparaison ci dessus des deux bilans, on aurait très peu de chances de reconstituer les 9 mouvements qui sont réellement intervenus : on en imaginerait d'autres, qui finiraient par expliquer les variations avec beaucoup de vraisemblance, et il existe un nombre indéterminé de telles possibilités d'explications.
Cette constatation, qui reste vraie quel que soit le nombre des mouvements survenus entre deux situations, montre que le bilan n'est pas un instrument comptable satisfaisant; il faut du reste ajouter que ce ne serait pas non plus un instrument commode puisque pour chacun des mouvements notés, nous avons recopié tous les éléments du bilan alors que certains d'entre eux seulement étaient en cause.
La solution s'impose à partir de cette double observation: pour chaque mouvement, il faut modifier distinctement les éléments du bilan qui sont mis en jeu, et ceux là seulement. On sera aussi en mesure de comprendre en suivant les mouvements élément par élément et opération par opération. La mise en oeuvre de cette solution exige la création d'un instrument d'observation particulier à chaque élément : ce support de l'observation est le compte.
Un compte est une rubrique destinée à enregistrer l'évolution d'un élément ou d'un groupe d'éléments du bilan.
On crée autant de comptes qu'il existe d'éléments du bilan que l'on souhaite observer distinctement, selon le principe dont l'exemple suivant montre la simplicité :