Principe de l'organisation du calcul des résultats

Comme pour les comptes de bilan, le développement et l'organisation des comptes de calcul du résultat sont liés au nombre et à la qualité des éléments qui justifient une observation distincte : il s'agit donc ici de préciser quels types de mouvements on souhaite suivre parmi ceux qui sont générateurs de résultat.

La première distinction a déjà été admise: d'une part les mouvements favorables, de l'autre les mouvements défavorables. Mais à partir de ce point, on se trouve en présence de nombreuses possibilités de classification:

  • La relation entre la cause du mouvement et l'activité principale de l'entreprise;
  • La référence au temps;
  • Par référence à la nature du résultat, selon notamment qu'il correspond à un revenu ou à une variation en capital;
  • Pour les éléments défavorables, choix entre leur nature ou leur destination, entre autres critères.

De nombreuses combinaisons sont possibles entre ces différents critères de classification. Notons que même dans le cadre de la période de calcul, qui est dite exercice et correspond généralement à un an mais peut être subdivisée en périodes plus courtes (semestre, trimestre ou mois), le temps entraîne des problèmes d'évaluation.

En pratique, on aboutit, en France, à organiser les comptes de calcul de résultat sur les bases suivantes, conformes d'ailleurs au principe retenu par le Plan Comptable Général:

  1. On distingue entre les faits qui concernent l'activité principale de l'entreprise et les autres, qui sont soit accessoires, soit étrangers à cette activité, ces derniers étant accidentels et pouvant correspondre à des gains ou pertes « en capital »,
  2. On désigne l'activité principale de l'entreprise par le vocable« exploitation »,
  3. Parmi les faits survenant au cours d'une période de calcul -généralement l'exercice   on distingue de plus, en amorce du classement dans le temps, entre ceux qui concernent l'exploitation de la période et ceux qui concernent les périodes antérieures.

Compte tenu de ces distinctions, les considérations développées précédemment sur la substitution des droits acquis et consommations aux notions de recettes et dépenses ont les conséquences pratiques suivantes:

1° dans le cadre de l'exploitation, les éléments favorables et défavorables sont respectivement appelés «produits d'exploitation» et « charges d'exploitation »
- Les charges d'exploitation représentent l'expression monétaire des consommations liées à l'exploitation courante de la période
- Les produits d'exploitation représentent la valeur des augmentations de [A D] obtenues ou créées par l'entreprise en contrepartie des charges, dans le cadre de l'exploitation courante de la période
- Le résultat d'exploitation est la différence entre produits et charges: Il est obtenu dans le compte d'exploitation; c'est un bénéfice d'exploitation ou une perte d'exploitation, selon que les produits sont plus ou moins élevés que les charges.

2° La révision a étendu l'appellation « charges » et « produits » aux autres variations incidentes de [A O] qui étaient appelées « pertes » et « profits », dans le P. C. G. 57, et l'on examinera plus loin le détail des différentes catégories de charges et produits, ainsi que les « résultats » distincts auxquels conduit leur confrontation dans chaque catégorie.

Les définitions de « charge d'exploitation », « produit d'exploitation », et « résultat d'exploitation » mettent en cause deux concepts fondamentaux de nature économique : la consommation et sa contrepartie.

Il importe de ne pas lier la notion de consommation avec la disparition PHYSIQUE d'un bien : ce qui disparaît c'est l'utilité du bien, ou mieux une certaine utilité dont le bien concerné est le support, et qui peut être aussi celle d'une prestation quelconque :

  1. « consommer », un moyen de paiement, c'est utiliser ses possibilités d'échange:
  2. consommer » du papier pour écrire, c'est faire disparaître non le papier mais son utilité en tant qu'espace disponible pour recevoir des informations;
  3. « à consommer » une heure de main d'oeuvre, c'est utiliser la prestation fournie pendant cette heure;

L'exemple du papier montre bien, par ailleurs, ce qu'est la contre partie d'une consommation, c'est L'UTILITÉ NOUVELLE  SUBSTITUÉE A L'UTILITÉ A QUE LA CONSOMMATION FAIT DISPARAITRE. S'il n'y avait pas création d'une utilité nouvelle de substitution, la disparition de A serait non plus une consommation mais une perte pure et simple: c'est ainsi que brûler du fuel oil dans le foyer d'une chaudière pour transformer de l'eau en vapeur que l'on utilise pour telle opération d'un processus, c'est une consommation ; mais que le fuel oil soit brûlé par accident, en dehors du cycle et sans création d'une utilité nouvelle, et ce serait une perte pure et simple.

Ainsi entendue, la notion de « contrepartie » engendre évidemment celle de « résultat », qui apparaît par comparaison entre une « consommation » et sa « contrepartie »; mais il n'est pas question d'attendre cette comparaison pour qualifier de « consommation» telle ou telle disparition d'utilité : c'est l'objectif qui qualifie l'acte, et l'on parle de «consommation» dès lorsqu'elle devrait aboutir à une contrepartie dans le cadre du processus de l'activité courante.

Ce commentaire de la notion de consommation exclut toute possibilité de la confondre avec celle «d'achat»: il peut y avoir coïncidence, lorsque les utilités achetées ne sont pas stockables, mais il y a possibilité de décalage dans le temps lorsque les utilités achetées peuvent être stockées, la consommation est alors liée à la sortie de stock, non à l'opération d'achat.